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La légende de Colon remonte au milieu du XVIIIe siècle. A l’époque, la Hesbaye brabançonne est encore boisée et Folx-les-Caves est sous l’autorité du comte de Berlaimont, seigneur de Jauche. Depuis des mois, à l’orée du bois des Caves, un mystérieux brigand détrousse les marchands de passage et disparaît aussitôt. Finalement reconnu par une de ses victimes, le voleur est identifié: il s’appelle Pierre Colon.

Pierre Colon habite au lieu-dit Les Caves, dans une petite maison au-dessus des grottes (à l’époque en grande partie inondées), qu’un puits fait communiquer. Pendant deux mois, la police cerne le bois, mais l’animal reste introuvable. La rumeur se répand: Colon est un sorcier! En fait, il s’est réfugié dans les grottes où sa femme le ravitaille discrètement.


Finalement arrêté, Colon est enfermé dans le château de Jauche. A la Pentecôte, sa femme est autorisée à lui apporter une tarte. Le lendemain, le cachot est vide: la tarte dissimulait une lime! Peu de temps après, le comte reçoit un message: "Si vous voulez élever des pigeons ("colon" en wallon), il vous faudra un meilleur pigeonnier".

 
Léopold Robert, "Brigand blessé à mort et sa femme au désespoir", 1824
 
 

Le brigand reprend alors ses activités avec ses complices: sa femme, un de ses fils et un domestique, mais aussi un aubergiste de la région de Hannut. Et ce jusqu’en 1769, lorsqu’il est à nouveau fait prisonnier. Cette fois, on ne le laisse plus s’échapper. Un court procès le reconnaît coupable, et il est pendu sur le lieu de ses méfaits le troisième dimanche de juillet. Les marchands feront la fête pendant plusieurs jours.

Si Colon était l’ennemi des riches, il a conservé chez les villageois l’image d’un Robin des Bois rusé et généreux. Sa légende est le prétexte historique de la "fête à Colon" qui, depuis 1988, anime Folx-les-Caves tous les premiers week-ends d’octobre.